En reponse a Shlomo Sand – complement

Voici le commentaire poste par Giordano le 11 juillet 2012, a propos de l’article “En reponse a Shlomo Sand“. J’ai remplace les tirets des differents poins souleves par des numeros, afin de faciliter la lecture et la reponse:

Monsieur John W. Dwight-Davis
Je vous remercie de ces « éclaircissements ». Vous serez heureux car je réponds, point par point. Il est utile de vous préciser que j’ai une formation d’historien, et puisque cela vous titille, non, je ne suis pas un spécialiste de la question, mais comme Térence, « Homo sum ; humani nihil a me alienum puto ».

Le travail de Shlomo Sand est assurément critiquable, comme toute recherche universitaire. Cependant, une partie des considérations publiées ici le sont autant, si ce n’est plus.

1/ Le mépris affiché de la formation universitaire de l’auteur : rappeler que l’homme n’a pas travaillé ici dans son domaine de prédilection n’enlève rien au sérieux et à la qualité du travail de recherche, et nous ne sommes pas face à un « historien local », dont la formation « maison » serait trop légère. Cette information est inutile pour remettre en cause le fond, bien qu’il soit opportun de rappeler que l’auteur n’est pas dans son domaine de prédilection.

2/ Ses « sympathies politiques » peuvent, elles, plus certainement être prises en considération et effectivement biaiser ou orienter ses recherches. Cependant, ici j’ai du mal à voir en quoi ces travaux sont liés avec le but affiché de « formation d’un Etat unique binational » en Palestine : quelle que soit l’origine de l’État israélien actuel il existe avec un sentiment national, il ne se limite pas à une seule population juive, il existe et les évolutions à venir se feront en tenant compte de ce qui est cette réalité.

3/ Je conteste l’usage du terme de « négationnisme » utilisé ici. Assimilé au travail de Shlomo Sand, il est dévoyé de son rôle premier. On peut contester sa thèse, mais son travail est intellectuellement intéressant car il prend le contre-pied de ce qui a toujours été posé comme des vérités sur lesquelles il était hors de question de revenir. Il remet en cause certains postulats, ce qui l’un des fondements de la recherche scientifique. Le parallèle avec Goebbels ne valorise pas la critique et reste hors de propos, comme le rejet de l’auteur dans le camp de « l’Église », par la suite des « Inquisiteurs, Croisés et autres partisans de la « religion d’Amour » », puis de l’État national-socialiste allemand « suite à la Kristallnacht ». Il s’agit d’un simple procédé de dévalorisation par assimilation qui n’apporte pas d’information, il est contre-productif.

4/ Par la suite sont contestés les trois points de la thèse, à l’aide de quelques sources. En dehors d’une mention d’un auteur du Moyen Âge – isolée et trop réduite – les premiers textes sont tous tardifs (fin de l’époque moderne, début de l’époque contemporaine). Ils sont sujets à plusieurs lectures, certaines étant anhistoriques car dévoyées de leur sens premier. Pour exemple, le terme « nation » sous la plume de l’abbé Maury sert son refus d’offrir la citoyenneté française à d’anciens sujets du roi devenus de fait citoyens de la République. L’usage du terme relève d’une conception « étroite » et exclusive de la République française en maturation, et n’est reconnue une « nation juive » que par un phénomène de rejet et d’exclusion de la nation française, ce qui ne fait pas une nation. Quoi qu’il en soit le corpus est étroit et mal employé.

5/ Je ne connaissais pas l’histoire des Khazars du Caucase, mais c’est l’un des rares dossiers étayé – les sources sont généralement citées. La linguistique paraît être un élément plus certain pour étayer l’idée qu’une partie seule de ces peuples ait pu se convertir, où sur une durée réduite.

6/ La génétique assure d’une homogénéité des groupes d’hommes sur le temps long à l’échelle historique. Il s’agit d’une science « dure », et l’usage du terme générique « tous » (« matériel génétique commun à TOUS les Juifs ») ne fonctionne pas, le recul pris par les scientifiques est ici dévoyé car transformé en affirmation (« En dépit de leur long exil dans de nombreux pays, les communautés juives sont très PROCHES au point de vue génétique. Les résultats de ces travaux posent l’HYPOTHESE d’un gène paternel unique des différentes communauté en Europe, Afrique du Nord et Moyen-Orient et SUGGERENT la possibilité que les communautés juives descendent d’une ancienne population du Moyen-Orient. Ces travaux ont aussi montré, vu la pérennité du profil génétique que DE NOMBREUSES communautés sont restées isolées et qu’il n’y a pas eu de mélange avec le patrimoine génétique des non-juifs » pour ces dernières – http://www.lamed.fr/index.php?id=1&art=372)… Quoi qu’il en soit, la génétique ne fait pas un peuple, et encore moins une nation. Elle atteste ce que l’histoire nous apprend : le fonctionnement souvent en vase « clôt » mais pas imperméables, de communauté israélites au sein de populations parfois hostiles, souvent réfractaires, plus rarement amicales. Cela ne contredit en rien l’idée de conversions, cela étaie plutôt l’idée de conversions anciennes, et d’une manière globale, réduites, à la hauteur de communautés dispersées et fonctionnant avant tout en réseau. Cela ne permet pas de l’ériger en preuve qu’un « matériel génétique commun à « tous » les Juifs » en ferait une nation homogène, ce qui serait par ailleurs dangereux car exclusif.

7/ Les propos sont réducteurs lorsque sont traitées les populations arabes, et les termes renvoient à ceux d’une construction coloniale. L’arrivée de populations d’Europe en Palestine, en nombre croissant depuis la seconde moitié du XIXe siècle et associée à une construction nationale issue d’une culture européenne, place ces personnes sur un plan d’égalité de déracinement avec celles implantées par la France en Algérie aux mêmes périodes. De plus, n’est imaginée la venue et le développement de populations arabes que par un attrait, « l’essor économique, social et médical apportés par les pionniers sionistes », ce qui, sans être faux, reste très réducteur. Il s’agit d’une assertion qui fait presque tabula rasa du passé comme du contrôle ottoman puis britannique de la région, elle ne vise qu’à justifier la présence des nouveaux venus par la mise en valeur du territoire (ce procédé d’appropriation et de justification de cette appropriation se retrouve pour exemple chez les « sans terres » au Brésil). Le bouleversement lié à l’arrivé de populations extérieures est réel, que ce soit au niveau de l’activité économique globale, où de la réussite pionnière avec un travail de la terre proche de la Huerta espagnole et très différent de ce qui se pratiquait auparavant, mais il ne peut pas nier la réalité d’une histoire arabe (chrétienne, musulmane… et juive) plus que millénariste sur la terre de Palestine, qui ne s’oppose pas à une tradition juive sur cette même terre.

8/ Enfin, en cherchant à démonter la lecture mythique de « l’Exode » que critique Shlomo Sand, les arguments démontrent ici qu’il n’y a pas eut de populations chassées en masse sur un faible temps historique (tel le génocide arménien, par exemple) à l’époque romaine, mais une série d’événements s’échelonnant depuis le début de l’ère chrétienne jusqu’à la période islamique entrainant plusieurs vagues migratoires (contraintes ou non).

9/ Sur le prosélytisme, sont contestés Horace (65 à 8 avant notre ère) et Juvénal (tournant du 1er et du 2e siècle), qui donnent deux exemples de prosélytisme. Je n’arrive pas à comprendre en quoi ces écrivains dont le discours est reconnu valable pour de nombreux traits de la vie de l’antiquité, voir d’événements historiques, verraient leurs propos hors de sens ici : ils donnent deux exemples, prenons acte, ce ne sont que deux exemples, ils ne permettent pas de chiffrer des conversions, ils attestent qu’un certain prosélytisme a pu exister. Le 4e de couverture exposé (« Prosélytisme juif »? Histoire d’une erreur. , par Edouard Will et Claude Orrieux, éditions Les Belles Lettres) invite à la lecture de l’ouvrage, mais ne permet pas de conclusions hâtives. Ce dernier démontre assurément l’absence de politique prosélyte officielle, globale et concertée – en comparaison avec un modèle chrétien de diffusion – mais cela ne paraît pas démontrer l’absence de conversion et d’attraction de la religion juive.

10/ Dernier élément, et non des moindres : la notion de « peuple » ne peut, de nos jours, être mise en avant qu’avec l’idée de nation, création de la fin du XVIIIe siècle en son sens contemporain. C’est le nationalisme européen – intégrateur, si l’on prend la politique de Napoléon Ier puis de Napoléon III pour les juifs de France et du littoral méditerranéen de l’Algérie – mais aussi exclusif, qui entraîne le développement d’une conscience « nationale » juive et le sionisme. Il faut le « printemps des peuples » de 1848 pour que l’on passe d’une communauté de foi à une nation, cherchant la mise en œuvre d’un État-Nation. Alors, « Les Juifs ont de tout temps eu le sentiment d’une communauté de Nation et de destin » ? De destin, dans un sens religieux, oui, assurément, puisque c’est un ciment communautaire. De Nation, assurément non. Ici est employé de manière rétroactive un concept inconnu dans son sens actuel avant le début du XIXe siècle, amenant à l’État Nation. Le basculement est visible durant la période révolutionnaire, marquant l’évolution du terme (au Moyen Âge, ce sont les habitants d’un petit territoire, telles les nations Picarde et Anglaise à l’Université de Paris, par exemple – mais ils n’ont conscience de relever d’une nation que parce qu’ils ont quitté ce territoire, et cela ne sous-tend pas de sentiment national – où un groupe exerçant une même activité dans un bourg). Dans le cas français, le terme englobe l’ensemble du territoire « national » depuis le moment ou la monarchie constitutionnelle a déclamé le souverain « roi des français » (1791-92). Le peuple ne fait pas la nation.

11/ Enfin, achever l’ensemble en se retranchant derrière un plan religieux (« il est impossible de définir le Juif autrement que comme « un truc bizarre », indéfinissable, à l’image de son Créateur, et qui survivra à tous ses détracteurs ») montre le but premier de cette critique, qui n’est pas d’être objective.

Alors, estimer que « la thèse de Shlomo Sand (…) n’est pas un mensonge total, mais une série d’interprétations biaisées d’approximations se basant sur des faits réels extrapolés, le tout dans un but éminemment idéologique et politique », grâce aux argumentés énoncés est réducteur. Et la critique publiée ici possède expressément ces défauts là.
Critiquez Shlomo Sand – car il invite à la critique -, auteur dont je ne suis ni sympathisant, ni encore moins ami, mais ici cela manque cruellement de profondeur, de recul et d’objectivité.

Et voici maintenant la reponse adressee par l’auteur de l’article:

Bonjour Giordano,

1/ Shlomo Sand n’est pas spécialiste de l’histoire du peuple juif, c’est un spécialiste du cinéma. Il n’y a rien de mal à cela. Le problème commence lorsque Shlomo Sand se présente comme un spécialiste, et plus encore lorsqu’il se sert de sa qualité d’historien comme argument d’autorité. Or, il est en Histoire comme il en est en mathématiques, en Physique ou en médecine: un Docteur en Probabilités, en Physique Quantique ou en cardiologie est certes un mathématicien, un physicien ou un médecin, mais sa parole a peu de poids sur l’équation de Klein-Gordon, la métrique de Friedmann-Lemaître-Robertson-Walker ou l’encéphalopathie de Wernicke.

2/ Le “travail” de Sand participe à ses aspirations politiques: si le peuple juif est une invention récente, et si les descendants des Hébreux sont les Arabes résidant actuellement sur la Terre Sainte, alors cela a de fâcheuses implications: un Etat juif indépendant sur la terre d’Israël est une anomalie historique illégitime et injustifiable. En effet, on ne fonde pas un Etat sur des bases religieuses : on parle du droit des « peuples » a disposer d’eux-mêmes, non des communautés religieuses. Le régime qui devrait prendre sa place serait un Etat “autochtone”, arabe, qui rassemblerait les soi-disant “réfugiés” arabes de 1948, et qui consentirait probablement par humanisme à ne pas expulser tous les Juifs, créant ainsi ce pour quoi milite Shlomo Sand: un Etat binational judéo-arabe.

3/ Je revendique l’utilisation du terme “négationnisme” pour qualifier la démarche de Sand. Sand nie l’existence et l’histoire du peuple juif, en bon français c’est au minimum du déni historique et de la négation.
Ce négationnisme qui frappe le peuple juif est une constante dans l’Histoire de l’Humanité. La négation des crimes contre l’humanité commis par les nazis et leurs collaborateurs n’est que le plus connu des négationnismes, mais le phénomène est bien plus général.
D’autre part, Sand ne remet pas “en cause des postulats” comme vous dites: Sand participe à une démarche de propagande unilatérale et partisane. Cela est antithétique avec une démarche d’historien, qui nécessite de croiser les sources, les prendre dans leur globalité et les analyser de manière objective. Au contraire, Sand filtre et évacue de manière arbitraire tout ce qui ne va pas dans son sens. Sand pratique la recherche historique comme on les historiens soviétiques le faisaient sous Staline!

4/ Vous ne semblez pas comprendre ma démarche: la thèse de Sand est que les Juifs se considéraient et étaient considérés comme une religion et non un peuple entre la Basse-Antiquité et le XIXe siècle. D’après Sand, le concept de « peuple juif » est dû à Isaak Markus Jost et Léopold Zunz, quant au caractère national il apparait chez Graetz. Mes références, issues de la période concernée, se contentent de casser ce point: non seulement les Juifs se considéraient comme un peuple (cf. Maïmonide et le Yad ha’Hazaqa), mais les non-juifs également considéraient les Juifs comme un peuple, non seulement au XIXe siècle, non seulement avant la destruction du IIe Temple, mais aussi après. La conclusion est claire et limpide: Sand se trompe, il a tort. Sand est un menteur.

5/ Oui. Je précise toutefois que la linguistique n’exclue pas que de nombreux Khazars, même une majorité, se soient convertis au judaïsme. Elle élimine juste le mensonge de Sand qui prétend que la “balance démographique” entre Khazars judaïsés et “Juifs ethniques” ait été renversée.

6/ La génétique ne prouve pas que les Juifs forment une “race”, et heureusement. Les pincettes que prennent les chercheurs ne me dérangent pas plus que çà, au contraire: le recul dont ils font preuve est un gage de sérieux et de modestie, donc de rigueur scientifique. Rigueur et modestie dont ne s’encombre pas Sand.
Ceci dit, je vous rejoins sur un point: “Cela ne contredit en rien l’idée de conversions, cela étaie plutôt l’idée de conversions anciennes, et d’une manière globale, réduites, à la hauteur de communautés dispersées et fonctionnant avant tout en réseau”. Personne n’a jamais nié que de nombreux convertis se soient joints au peuple d’Israël au cours des âges. Par contre, la question porte sur l’échelle de ces conversions: Sand les tient pour massives ; or, comme vous le dites, elles furent marginales.

7/ Encore une fois, vous manquez mon point. Sand prétend que les Juifs n’ont jamais été exilés, qu’ils sont restés sur la Terre d’Israël, qu’ils ont été islamisés et que leurs descendants sont les actuels Arabes présents entre le Jourdain et la Mer. Or, comme le prouvent les chiffres, cela ne peut être le cas, pour la simple raison que la colonisation massive de la Terre d’Israël par les Arabes est tardive, pour ainsi dire contemporaine du retour des Juifs sur leur terre.
Cela n’exclut pas que certaines familles arabes aient été présentes en Israël depuis plusieurs siècles, et même que certaines d’entre elles aient été d’origine israélite. C’est de nouveau une question d’échelle: les Arabes rentrant dans cette catégorie sont une faible minorité.
Du reste, votre comparaison entre les Juifs en Israël et les Français en Algérie est inadéquate. Les Juifs ne font que retourner sur leur terre, dans leur pays dont ils ont été injustement chassés et bannis. Quel rapport y a-t-il avec des Français venus de l’autre côté de la Méditerranée vers les rives d’Algérie? Les Juifs sont autochtones sur leur terre. Il n’y a là aucune colonisation, juste la réparation d’une immense injustice causée par les Romains et d’un recel de la part des Byzantins, Arabes, Croisés et Ottomans. Une injustice a été commise en +68, elle a été réparée au XXe siècle ; serions-nous condamnés pour l’éternité à être des étrangers sur la totalité du globe terrestre, pour prix d’avoir été vaincus par les légions romaines durant l’Antiquité? En Espagne: étrangers, expulsés. En Russie: étrangers, victimes de pogroms. En Allemagne: étrangers, envoyés a Auschwitz. En Israël: non-étrangers, mais “colons”!
De plus, je commence personnellement à être las de cette insulte de “colonisation”. Les siècles passés nous ont donné “offert” les concepts farfelus et criminogènes de “peuple déicide”, “Juifs perfides”, “judéo-bolchevisme”, etc. Depuis 1967, nous sommes affublés d’être des “colons juifs”. Qu’est ce que vous trouverez bien encore la prochaine fois??? L’ironie est que ceux qui nous accusent d’être des “colons” sont les plus grands colonisateurs de l’Histoire, c’est-à-dire les Arabes et les Occidentaux, qui à eux seuls ont colonisé les Amériques, l’Afrique, l’Océanie et une partie de l’Asie, et converti (souvent de force) la moitié de l’Humanité à leurs religions d'”amour” et de “paix”. Balayez devant votre porte et laissez nous vivre en paix dans notre pays!

8/ Sand prétend casser le mythe d’un Exil qui aurait été effectué en une fois par les Romains. Sand “prouve” qu’une telle déportation massive et totale n’a pas eu lieu. Nous le remercions de sa participation, c’est très gentil de sa part, mais ceci est déjà connu ; la prochaine fois il pourra même publier une thèse pour démontrer le théorème de Pythagore de Samos. Sand extrapole: puisque les Juifs n’ont pas quitté la Judée, alors les Arabes sont en fait… des Juifs! Or, si une déportation unique n’a pas eu lieu (contrairement à l’époque de Nabuchodonosor), des déportations massives se sont produites, ainsi que des massacres à très large échelle, sans compter les persécutions. C’est de là que vient l’extinction presque totale de la présence juive en Terre d’Israël, et non d’une conversion généralisée à un islam conquérant, violent et “plagiaire” dont on ne voit pas ce qu’il aurait pu apporter à un peuple alphabétisé, cultivé, farouchement attaché à sa foi et son identité comme le peuple juif.

9/ Je me répète: personne ne conteste qu’il y eu des conversions au judaïsme. Sand les quantifie comme tellement nombreuses que les “Juifs génétiques” ont fini “submergés” par les convertis, comme de nos jours les chrétiens (occidentaux, latino-américains, slaves…) ou musulmans (pakistanais, indonésiens, iraniens…) n’ont ethniquement plus rien à voir avec les proto-chrétiens judéens et les premiers disciples de Mahomet. Or, il n’en est rien, et les “preuves” de Sand sont trop bancales pour en déduire ses conclusions.

10/ Ce que vous écrivez est intéressant. Néanmoins, quel que soit le sens qu’on donne à ces termes, les Juifs sont un peuple et une nation au même titre que les Français, les Anglais ou les Espagnols.
11/ Hum… Je vais vous expliquer
a/ Le passage que vous citez est issu de la conclusion. Or, en expression écrite française la conclusion autorise des ouvertures voire les hors-sujets.
b/ A la base, cette réponse à Sand a été rédigée à la demande mon rosh yeshiva (doyen d’école talmudique), pour ses élèves, dont l’esprit talmudique ne pouvait rester sans exiger des réponses au pamphlet de Sand.
c/ Une question qui taraude l’esprit d’énormément de monde en Israël (et ailleurs) est la suivante: comment expliquer la résilience et la survie du peuple juif -peuple numériquement, économiquement et militairement faible- après 3700 ans d’Histoire, dont une bonne partie en Exil, sous les coups et oppressions de multiples empires et puissances (qui eux, ont fini par disparaitre : Rome, Byzance, le califat, le IIIe Reich, l’URSS…)?
Certains, s’accrochant à une vision matérialiste de l’Histoire (pour caricaturer), répondent à cette question en disant que nous, Juifs, avons les meilleurs généraux, meilleurs scientifiques, meilleurs diplomates, meilleurs commerçants, meilleurs cuistos, etc. C’est une opinion légitime, je ne la partage pas : nous sommes en démocratie.
Sand a sa propre réponse: le peuple juif n’existe pas, ou plutôt il a été inventé il y a moins de 200 ans. Par conséquent, le “mystère” de la survie du peuple juif n’en est pas un. Sand peut alors mener la vie qu’il souhaite, loin des contraintes de la loi juive : manger du porc et des crustacés, travailler le samedi, ne pas honorer ses parents, etc.. C’est son droit, nous sommes en démocratie.
Ma réponse à moi est que le peuple d’Israël est la manifestation sur terre de son Créateur. C’est pour cela qu’il est difficile, voire impossible, de caractériser de manière usuelle les Juifs: peuple, peuplade, ethnie, religion, race, courant, culture, état d’esprit, nation, communauté? Les Juifs ne sont rien de tout ça, tout en étant un peu de tout. Libre à vous d’être d’accord ou non, nous sommes en démocratie.

Recevez mon plus cordial Shalom de Jérusalem en Judée, capitale de l’Etat d’Israel.

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