Incoherence de la campagne antisemite « BDS » (2)

Ma reponse a divers commentaires sur cette page:

@Vieux, @Ana Sailland, @Michel et @Totoro

Desole de cette reponse collective, mais c’est plus simple:

L’idee d’un boycott de l’Etat d’Israel est stupide et illegitime pour de multiples raisons. Citons en trois:

* raison psychologique: quand un Israelien entend parler de boycott, il ne pense pas a l’Afrique-du-Sud des annees 1980; non, il pense au boycott economique que les nazis ont impose aux Juifs des avril 1933. Donc l’effet immediat est assez instinctif: “ils veulent notre peau, on la defendra cherement”. Quand on lutte pour sa survie, on ne reflechit pas aux messages ; non, on se defend.

* raison purement logique: les racistes boycotteurs pretendent boycotter pour faire pression sur l’Etat d’Israel, afin qu’il respecte un certain droit international (que d’ailleurs il respecte deja au pied de la lettre, contrairement aux legendes urbaines vehiculees par les medias soumis au gauchisme ambiant).
Or, tous les problemes du Proche-Orient viennent du fait que la Ligue Arabe ne respecte pas le droit international, en niant l’existence de l’Etat d’Israel et luttant pour sa destruction, via la guerre et le terrorisme. Par consequent, si le boycott devait servir l’application du droit international, alors il devrait s’appliquer *d’abord* contre les Etats membres de la Ligue Arabe, et non contre leur victime menacee d’aneantissement: l’Etat d’Israel.

* raison de coherence: les racistes boycotteurs utilisent entre autres leurs ordinateurs et leurs logiciels, dont de larges parts ont ete concus et ecrits en Israel. Qu’ils commencent par etre coherents! Qu’ils lancent leurs appels au boycott avec des machines a ecrire, des pigeons voyageurs et des chameaux, et non des outils qu’ils appellent a boycotter!

Enfin, en se focalisant sur Israel, et seulement sur Israel, les boycotteurs montrent leur vraie visage: ce sont des racistes et des antisemites, obsedes et obnibules par les Juifs, et totalement indifferents aux sort de ceux qui souffrent vraiment, loin des cameras et sans les genereuses subventions du contribuable europeen: Tibetains, Kurdes, Darfouris, Sahraouis, etc.

Les boycotteurs boycottes!

Ma reaction a ce post de Gilles Paris:

Une petite reflexion: le boycott, et l’appel au boycott, sur des motifs ethniques ou nationaux, sont des infractions prevues par la loi francaise. En effet, la loi est mieux faite en Paris en 2011 qu’a Berlin en avril 1933 ; le boycott des commerces judeo-sionistes y etait alors parfaitement legal.
Rien de surprenant a ce que l’ENS ait refuse une tribune a des personnes promouvant la transgression de la loi. Que n’aurait-on dit si l’ENS avait autorise un colloque promouvant une autre infraction, par exemple la discrimination a l’emploi envers les Francais d’origine arabe ou subsaharienne?!?!

Enfin, petite ironie: les boycotteurs ont finalement ete boycottes. Pourquoi donc s’en plaignent-ils?

Proche-Orient: l’Europe appelée à agir (3)

Ma reponse a ce commentaire:

Safi,

-Vous avez l’art de sortir des references eculees.
Ce dont parle de Dr Hiss n’est pas un trafic d’organes. D’apres la legislation israelienne, jusqu’en 2000 les hopitaux avaient le droit de prelever des organes sur des patients admis en leur sein, *sauf refus explicite* de leur part. Cela concernait aussi bien les Juifs que les Arabes, ou les touristes de passage dans le pays.
Depuis, la loi a ete modifiee et un prelevement d’organes ne peut avoir lieu qu’*avec l’autorisation explicite* du “donneur”.
Autrement dit, la loi israelienne, pour choquante qu’elle soit, a suivi le meme processus que celui existant en Europe, avec toutefois de nombreuses annees de retard.

-le “journaliste” suedois s’est retracte de ses accusations de “trafic”, et a admis les avoir formulees uniquement sur la base de temoignages arabes et non sur des preuves. Il est facile d’accuser, en se reposant sur des poncifs antisemites comme les “meurtres rituels”. La deontologie d’un journaliste exige qu’il recoupe les sources et trouve des preuves, non qu’il serve de relai a la propagande raciste des colons arabo-islamiques en Eretz Israel.

-de toute facon, la n’est pas la question. Denis75 avez introduit la question de la “moralite” pour justifier une intervention europeenne. Je lui ai simplement repondu que la “moralite” dont se prevaut l’Europe est a geometrie variable lorsqu’elle protege des criminels de guerre et couvre les yeux sur leurs agissements au Kosovo, protectorat europeen au coeur des Balkans. Israel n’est pas un donneur de lecon et ne pretend pas resoudre les problemes de frontires internes a l’Europe, comme Gibraltar, au nom de sa moralite. C’est exactement la meme modestie qu’on attend de l’Europe.

Nettoyage ethnique mene par les Arabes contre les Juifs en Eretz Israel en 1947-1948 (2)

Ma reaction a ces commentaires: 1 et 2

Jacques, Safi,

Si votre seul argument est Illan Pappe, c’est a dire un extremiste de gauche qui se fait passer pour un historien, c’est un peu leger. En effet, si le pluralisme des opinions est necessaire -et une realite en Israel-, cela ne peut se faire au prix de la rigueur scientifique. Or, Illan Pappe n’a aucune rigueur scientifique, comme il l’a prouve en soutenant une these biaisee et non fondee.

De toute facon, Illan Pappe ou pas Illan Pappe, les faits restent les faits, les faits sont tetus. Et que sont les faits a la fin de la guerre d’aneantissement que les forces imperialistes et racistes arabes ont menee contre l’Etat d’Israel en 1948-1949?
Dans les zones d’Eretz Israel sous souverainete israelienne, la population est a 20% arabe, ce qui represente 120.000 individus. Si c’etait un nettoyage ethnique, c’est assurement un echec.
Dans les zones sous occupation des Arabes de Transjordanie et des Arabes d’Egypte, la population est a 0% juive. Null, niet, nada, que dalle, rien du tout. La Judee, le couloir de Gaza, la Samarie, la Vallee du Jourdain, la Vieille Ville de Jerusalem, totalement Judenrein. Tous les Juifs expulses du coeur historique de leur terre par des forces d’occupation arabo-islamique acharnees a detruire, ravager, piller et occuper la terre du peuple hebreu.

Voila pourquoi la conclusion est nette et incontestable: ce sont les forces d’occupation arabo-islamiques qui ont planifie et mene une d’epuration ethnique, dont les seules victimes furent les Juifs.

Campagne de boycott des Etats arabo-islamiques?

Ma reponse a ce commentaire et cet autre:

Allegra,

Encore une fois, vous faites une grosse erreur: les Juifs ne forment pas une communaute religieuse a l’instar des musulmans ou des chretiens.
Les Israeliens sont les citoyens de l’Etat d’Israel.
Les Juifs sont les membres du peuple d’Israel.

D’autre part, vous avez raison, l’arme du boycott est tout a fait legitime contre ceux qui transgressent le droit international. Aussi, je vous invite a boycotter toute marque ou produit americain. Ca s’annonce difficile… Mais il y a encore autre chose a faire: boycotter tous les Etats arabes et musulmans ne respectant pas les resolutions de l’ONU, dont celle prevoyant le plan de partage d’Eretz Israel en novembre 1947, et la resolution 242 reconnaissant le droit a la paix et la securite de tous les Etats de la region, dont l’Etat d’Israel. Il est flagrant que toutes dictatures arabes, a l’exception de la Republique Arabe Egyptienne et de la Transjordanie, transgressent ces resolutions et donc la legalite internationale.

Alors, Allegra, a quand une campagne “BDS” contre les Etats-voyous du Maroc a l’Indonesie? J’attends impatiemment la date.

Incoherence de la campagne antisemite “BDS”

Mon commentaire sur ce post:

Il est paradoxal que ceux qui s’exposent le plus dans la lutte contre les discriminations dont souffriraient beaucoup de musulmans en France et plus generalement en Europe -discriminations dans les acces a l’emploi, au logement, aux discotheques-, sont les memes a promouvoir la discrimination d’acteurs economiques juifs ou israeliens, au seul pretexte de leur appartenance supposee ou reelle au peuple juif ou a la nation israelienne.

Soyons coherents! Si la campagne de boycott economique anti-juive est acceptable, alors il deviendra legal d’empecher l’embauche d’un Arabe, en depit de ses competences et qualites.
Les antisemites sont-ils prets a saborder le precieux droit a l’egalite que leur accorde la Republique, au seul pretexte de frapper sur Israel?

Scandale! Des Israeliens souhaitent acquerir des appartements! (2)

Je reponds ici au commentaire poste ici.

@Moesje

Dans votre post du 10 mars 2010 à 21:41, vous soulevez des arguments interessants, a propos de Celtes en Autriche et de Grecs a Marseille. La situation de l’Etat d’Israel presente des particularites qui contrastent particulierement avec les cas que vous evoquez:
-il y a une continuite de la presence physique du peuple juif. Meme aux pires moments, la terre d’Israel n’a jamais ete Judenrein. On ne peut en dire autant de la civilisation celte en Autriche.
-il y a une continuite au sein du peuple juif: aujourd’hui comme il y a 2000 ans, les Juifs prient le meme D.ieu, parlent la meme langue, utilisent les memes phylacteres, se servent du meme calendrier, font le meme plat le samedi. C’est loin d’etre le cas pour les Grecs a Marseille! Rares sont les individus ayant conserve intacte la meme culture que leurs ancetres: les Romains priaient Jupiter et ne mangeaient pas de pizzas ; ils auraient du mal a identifier les Italiens du XXIe siecle comme leurs descendants…
-en toutes circonstances, les Juifs n’ont jamais renonce a reprendre possession de leur antique patrie dont ils ont ete exiles par les troupes romaines. Les Juifs n’ont jamais reconnu le pouvoir romain, byzantin, arabe ou turc sur la Terre d’Israel, et les ont toujours considere comme des usurpateurs et des colonisateurs. Les Juifs prient vers Jerusalem, non vers Berlin, Londres ou New York. Tous les ans, le soir de Pacque, une immense majorite des Juifs dans le monde se souhaite “l’an prochain a Jerusalem”. Je doute que les Irlandais en fassent de meme en se souhaitant “l’an prochain a Vienne”.

D’autre part, vous niez la legitimite des sources bibliques. D’ou sait on que la Corse appartient a la France? D’un bout de papier, dont on nous dit qu’il a ete signe a Versailles en 1768, et qui mentionne l’achat de la Corse a Genes par Louis XV. La Bible raconte l’achat d’une partie de Hebron par Abraham, de Sichem par Jacob et du Mont du Temple par le Roi David. Je ne vois pas en quoi un bout de papier du XVIIIe siecle aurait plus de valeur ou de credibilite qu’un texte conserve de maniere meticuleuse et scrupuleuse par un peuple depuis plus de 3000 ans.

Enfin, vous mentionnez les lois internationales. Le propre des lois internationales est qu’elles s’appliquent de la meme maniere a tout le monde. Or, intangibilite des frontieres ou non, a l’ecole on m’a appris que quand l’Allemagne perd une Guerre Mondiale contre la France, cette derniere recupere les territoires qu’elle souhaite. Je n’ai pas eu l’impression qu’en 1945 le General De Gaulle ait fait don de l’Alsace a l’Allemagne vaincue. Je m’interroge donc sur cette mode qui exige d’Israel d’offrir de ses territoires alors qu’il a gagne toutes les guerres qui lui ont ete imposees. Pourquoi donc cette application selective du droit international?
Restons coherents et logiques!

Cordialement,

Scandale! Des Israeliens souhaitent acquerir des appartements!

Gilles Paris a publie un nouvel article sur son blog, criant au scandale, en raison de maisons et d’appartements construits par des Juifs sur la terre de leurs ancetres. Evidemment, les internautes s’enflamment immediatement contre ce nouveau complot de blouses blanches.

Voici un post que j’ai ecrit en reponse a certains commentaires publies avant le 10/03/2010 a 15h48:

@Lhoum,
Effectivement, c’est la loi du plus fort. Le plus “fort” propose depuis 60 ans de negocier et discuter, mais le plus “faible” prefere la guerre et l’affrontement. Guerres que, bien evidemment, il perd.

@Khalid0000,
Les voleurs de terre ont deja perdu l’Espagne et le Portugal il y a 500 ans. Il leur a fallu du temps mais ils ont fini par encaisser. Au XXe siecle ils ont perdu la partie occidentale de la terre d’Israel. Ils n’ont pas encore accepte la realite comme elle est, mais nulle doute que comme avec la peninsule iberique ils devront se faire une raison.

@rachelle,
Oui on connait l’histoire: les Israeliens sont riches, les Juifs et l’argent. Pourtant les puits de petrole ne sont ni a Tel-Aviv ni a Jerusalem…

@sébastien,
Non, Sebastien vous avez parfaitement raison. Il n’y a nul antisemitisme lorsque le monde entier se met en branle a cause de la construction d’appartements par des Juifs sur la terre de leurs ancetres.
C’est juste un droit d’ingerence humanitaire que la communaute internationale exerce. On entend moins cette communaute internationale quand des Americains construisent a Chicago, des Francais en Corse, des Arabes dans le 93, ou des Chinois au Tibet. Cherchez l’erreur! Le droit de tout Etat a constuire sur son territoire national est garanti, sauf Israel. Mais ce n’est pas de l’antisemitisme. Appelons ca de l’ecologisme, du polymorphisme ou de l’inference de type.

@Sabine,
Arretez vos sornettes et vos delires sur “les morts a Gaza faute de soins”. En 2009, le taux de mortalite a Gaza est un des plus faibles au monde: 3.44 pour mille. A titre de comparaison: France: 8.56, USA: 8.38, Japon: 9.54, Allemagne 10.9.
http://www.indexmundi.com/g/r.aspx?c=gz&v=26&l=fr
A moins que les deces ne soient pas declares a Gaza afin de continuer a toucher les allocations de l’ONU et continuer a beneficier de l’assistanat des institutions internationales, votre intervention sonne faux.

Cordialement,

En Reponse à Shlomo Sand

(dossier publie sur le SayaBlog avec l’aimable autorisation ecrite de l’auteur. Lien vers l’article original)

En réponse à Shlomo Sand

Ce document est une réponse au pamphlet écrit par Shlomo Sand et publié dans le Monde Diplomatique en août 2008, disponible à ce lien :

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/08/SAND/16205

Sand a également publié un ouvrage plus complet, reprenant sa thèse sur 446 pages.

La thèse de Shlomo Sand est faite d’approximations, de mélanges mêlant faits et extrapolations, et d’un tissu assez dense de mauvaise foi. Lui répondre point par point nécessiterait plusieurs centaines de pages et énormément de temps, aussi nous nous limiterons à casser les points principaux de son argumentation en apportant des références historiques.

  1. Préliminaire :
    1. Qui est Shlomo Sand?

Shlomo Sand est un universitaire israélien, dont le domaine de recherche est les intellectuels français, le cinéma et d’autres thèmes aussi « ardus ». A ce titre, il a soutenu une thèse sur Jean Jaurès et sur Georges Sorel, théoricien du syndicalisme révolutionnaire ; donc rien à voir avec l’histoire du peuple hébreu. Alors, certes, Sand est professeur d’histoire à Tel-Aviv, mais il n’est pas plus qualifié qu’un boulanger à Paris ou la « caissière de Ramot » concernant l’histoire juive : ce n’est pas son domaine

D’autre part, Sand ne s’en cache pas, ses sympathies politiques vont à la formation d’un Etat unique binational entre le Jourdain et la Méditerranée. Sa « déconstruction des mythes fondateurs israéliens » participe de cette stratégie politique.

    1. Petits hors sujets
      1. Le négationnisme

La contestation des crimes contre l’Humanité commis dans le cadre le ‘Hourban contre les Juifs d’Europe durant le Seconde Guerre Mondiale (plus communément désigné sous le nom de Shoah) est l’aspect le plus connu de la négation de l’histoire du peuple juif. Mais il n’est pas le seul. Arafat a exprimé maintes fois sa négation d’une présence juive en Eretz Israel ou de la réalité historique des Temples de Salomon et d’Hérode. Une certaine littérature très en vogue chez nos cousins arabes prétend que jamais Israël n’est sorti d’Egypte et jamais les Cananéens n’ont cessé d’être le seul peuple présent sur Eretz Israel. Voltaire prétendait que la circoncision était un usage égyptien copié par les Juifs.

Tout ce négationnisme résultait et résulte toujours du même mépris et de la même haine irrationnelle, viscérale et intemporelle qui frappe le peuple hébreu depuis Abraham. Encore, tout cela restait circonscrit… Shlomo Sand, suivant la citation prêtée à Goebbels « plus le mensonge est gros, mieux il passe » va encore plus loin : il nie n’existence d’un peuple juif, qui ne serait qu’une création récente à des fins politiques.

      1. Le procédé classique d’inversion

Un des aspects ridicules de l’hostilité anti-juive durant les 3500 dernières années, est la tentative constante de nos adversaires d’inverser le rôle des Juifs et de leurs persécuteurs :

  • l’Eglise se proclame Verus Israel, le « vrai Israël », sous-entendant que les Juifs sont plus Israël
  • à titre de « bonne action », les Inquisiteurs, Croisés et autres partisans de la « religion d’Amour » massacrent les Juifs par centaines de milliers car ces derniers auraient, quelques siècles auparavant, tué un Juif.
  • suite à la Kristallnacht, les Allemands ne dédommagent pas les Juifs pour les dégâts qu’ils ont subis : au contraire, les Juifs doivent payer une amende collective suite au pogrom

« Rien de nouveau sous le soleil » dit Qohelet. On ne sera donc pas surpris de voir que le thème de l’inversion joue encore contre le peuple hébreu, devenu cette fois ci… une fraction du peuple arabe (!)

    1. Quelle est la thèse de Shlomo Sand ?

La théorie de Sand repose sur quelques points :

  • Des Juifs ont progressivement et volontairement émigré hors d’Eretz Israel, essaimant dans tout le bassin méditerranéen et au-delà.
  • Les Juifs ont de tout temps pratiqué un prosélytisme actif, jusqu’à ce que le christianisme et l’islam s’imposent autour du bassin méditerranéen.
  • L’Exil du peuple juif après la destruction du IIe Temple n’a jamais eu lieu. Le peuple est resté sur place et a été islamisé au VIIe siècle.

Conséquence : les vrais « Juifs génétiques » seraient les populations arabes résidant actuellement (provisoirement) en Eretz Israel occidentale, quant aux « Juifs officiels » ce sont des descendants de populations, principalement khazars et berbères, autrefois judaïsées.

  1. Réponse rapide : Juifs et Gentils n’ont cessé de considérer les Juifs comme un peuple

D’après Sand, depuis la perte de l’indépendance de la Judée, les Juifs ne seraient plus qu’une communauté religieuse et non nationale.

Cela est profondément aberrant pour deux raisons.

Premièrement, en priant pour le retour à Sion, la restauration du Temple, des Juges, des Rois, Lévites et Kohanim, les Juifs marquent bien l’intention de revenir à un système politique, administratif et éducatif. Il suffit d’ouvrir un siddour ou un ma’hzor pour s’en rendre compte. Manifestement Shlomo Sand n’a jamais eu le temps d’entrer dans une librairie, ou bien il passait Kippour à autre chose que la tephilah. De plus, toute une frange de la littérature rabbinique traite des lois régissant le roi, le droit de la guerre etc. Rambam (1135-1204) y consacre une part importante du Yad ha’Hazaqa.

D’autre part, ce sont les non-Juifs eux-mêmes qui parlent des Juifs comme d’une nation. Quelques citations parmi des milliers :

Le peuple juif n’est devenu une « religion » que lorsque la Révolution Française et l’Empire ont fait des Juifs des citoyens français de confession mosaïque ; Sand, lui soutient le contraire : la communauté religieuse serait devenu un peuple au courant du XIXe siècle, sous l’influence allemande.

  1. Les Khazars

Sand, reprenant de vieilles thèses d’Arthur Koestler, prétend que les Juifs ashkénazes descendent des Khazars, peuple ayant dominé le Caucase pendant une partie du Moyen-Age. Si la famille royale et les élites du royaume khazar se sont converties au judaïsme, il n’a jamais été établi que le peuple dans son ensemble avait suivi la même voie.

La revue Kountrass, dans son numéro 15, a publié il y a quelques années une réfutation point par point des arguments de Koestler : erreurs sur la toponymie de lieux hongrois et polonais, le nombre des Juifs allemands, la structure des shtetls, etc.

Citons ici un argument très simple : les Ashkénazes parlent yiddish, langue composée à 80% de haut-allemand, de 10 à 15% d’hébreu-araméen, et de 5% de slave, mais aussi des apports latin, français, etc. Or, les Khazars étaient un peuple turcophone.

Supposons que les Khazars soient les ancêtres des ashkénazes, prenons des chiffres arbitraires et fantaisistes : 100.000 Juifs « génétiques » germanophones se seraient mêlés à 1.000.000 de Khazars turcophones convertis au judaïsme : leurs descendants devraient parler une langue fortement imprégnée de turc ; or, il n’en est rien.

Bernard Lewis, historien et spécialiste du Moyen-Orient contrairement à Sand, coupe court à la polémique :

« Cette théorie … ne repose sur aucune preuve qu’elle soit. Elle a été abandonnée depuis longtemps par tous les chercheurs sérieux dans ce domaine, y compris ceux des pays arabes, ou la théorie khazar est peu utilisée en dehors de polémiques politiques occasionnelles. »

(Bernard Lewis, Semites and Anti-Semites, W.W. Norton and Company, page 48)

Du reste, divers auteurs ont pointé du doigt les erreurs, manquements, imprécisions et raccourcis de Koestler :

  1. A propos de la génétique:

Sand méprise les recherches basées sur la biogénétique, qui est pourtant une science dure, à la différence de sa spécialité à lui: le cinéma.

Quoiqu’il en soit, la génétique apporte la preuve d’un « matériel génétique commun à tous les Juifs ».

Un article à ce propos (complet mais assez ardu) est paru dans la très sérieuse revue américaine de référence Nature (peu suspecte d’être entre les mains de la mafia judéo-sioniste orthodoxe), en date du 15 mars 2000, elle est consultable au lien suivant :

Un résumé en français de cet article est disponible sur le site lamed.fr :

Citons également :

  1. La nature « ethnique » des populations arabes d’Eretz Israel occidentale

D’après Shlomo Sand, les populations arabes résident actuellement en Eretz Israel seraient des descendants d’Hébreux n’ayant jamais quitté la terre sainte, contrairement aux « immigrés juifs européens », forcément colonisateurs.

Il faut savoir que le peuplement arabe d’Eretz Israel est somme toute assez récent : attirés par l’essor économique, social et médical apporté par les pionniers sionistes, des centaines de milliers d’Arabes ont progressivement quitté les régions dont ils étaient autochtones, et ont rejoint la minorité d’Arabes présents depuis l’invasion du VIIe siècle et la fin des Croisades au sortir du Moyen-Age. Les nombreuses descriptions d’Eretz Israel au XIXe siècle confirment que, jusque là, la terre est désertique, et donc peu peuplée.

Le mythe d’un peuplement arabe, continu, persistant et majoritaire est démonté par les universitaires Michel Herszlikowicz, Claude Franck, Michaël Bar-Zvi dans leur thèse Le Sionisme , abondamment fournie en références, pages 15 à 20, et surtout pages 35 à 39.

lien: http://books.google.fr/books?id=jt0vuttBce8C&printsec=frontcover#PPA15,M1

Résumé en quelques chiffres :

  • la population totale d’Eretz Israel était évaluée entre 50.000 et 100.000 habitants au milieu du XIXe siècle
  • de 1885 à 1935, 200.000 Arabes des régions voisines entrèrent en Eretz Israel occidentale
  • de 1936 à 1945, 100.000 autres s’y ajoutèrent.

Le quid confirme ce dernier chiffre : (http://www.quid.fr/2007/Inde_A_Italie/Israel/2):

  • Pour la seule année 1934, 30.000 Arabes de Syrie ont émigré en Eretz Israel occidentale, à cause de la sécheresse
  • Entre 1936 et 1945, 100.000 Arabes des pays voisins ont immigré en Eretz Israel occidentale.

Or, en 1947, il est communément admis que la population arabe en Eretz Israel occidentale comptait 1.200.000 habitants, avec une pyramide des âges à profil triangulaire soulignant la forte proportion d’enfants et de jeunes. Par conséquent, au vu des chiffres cités plus haut, il s’avère que l’implantation de la majorité des populations arabes à l’Ouest du Jourdain est récente, pour ainsi dire contemporaine de l’implantation sioniste : Arafat lui-même est né au Caire, en Egypte, en 1929. Les Arabes ne peuvent donc prétendre être des descendants des anciens Hébreux, comme le soutient Shlomo Sand.

  1. L’Exil

Avant d’analyser plus précisément la question de l’Exil après la Grande Révolte, l’on rappellera ce que tout étudiant de yeshiva de plus de 14 ans connaît : à partir de la Captivité de Babylone, une grosse partie du peuple juif, voire la majorité, réside en dehors d’Eretz Israel. En prenant pour base l’hypothèse haute que la population juive en +68 s’élevait à 7 ou 8 millions d’âmes, seuls 2.5 millions résidaient en  Judée, Galilée et Pérée. Philon rapporte que la population juive d’Alexandrie d’Egypte était d’un million d’individus, un autre million résidait en Babylonie. Sand enfonce donc des portes ouvertes pour prouver que la majorité de la population juive mondiale n’a pas été expulsée de Judée par les Romains.

    1. Sur le fond

Shlomo Sand écrit : « les Romains n’ont jamais exilé de peuple sur tout le flanc oriental de la Méditerranée. A l’exception des prisonniers réduits en esclavage, les habitants de Judée continuèrent de vivre sur leurs terres, même après la destruction du second temple. »

Sand semble avoir des arguments pour soutenir sa position. En effet, concrètement, Titus et Vespassien n’ont pas procédé à une déportation massive et systématique de toute la population juive, comme ce fut le cas pour les Dix Tribus sous Sennachérib ou le royaume du Sud sous Nabuchodonosor. Le simple fait que le Talmud de Jérusalem existât est un signe de la vitalité juive en Eretz Israel même après la destruction du Temple. Dans ce cas, comment expliquer le déplacement du centre de gravité de la population juive ?

Quelques chiffres : la Grande Révolte, qui se conclut par la destruction du Temple, aurait fait 1.100.000 morts, 97.000 prisonniers, pour une population en juive en Judée de 2.500.000 âmes avant la guerre (cf. Flavius Josèphe, la Guerre des Juifs, livre VI, chapitre 9, alinéa 3). Néanmoins, même après la chute d’Hérodium et de Massada, la Judée, bien que saignée à blanc et partagée entre les soldats de Vespassien, continue à être majoritairement peuplée de Juifs.

Le tournant date de la révolte de Bar Kokhba. Par la prise de Beitar, Hadrien massacre 500.000 Juifs dans la seule journée de Tisha BeAv en l’an 135. Le pays est littéralement ravagé :

« ὀλίγοι γοῦν κομιδῇ περιεγένοντο.  Καὶ φρούρια μὲν αὐτῶν πεντήκοντα τά γε ἀξιολογώτατα, κῶμαι δὲ ἐνακόσιαι καὶ ὀγδοήκοντα καὶ πέντε ὀνομαστόταται κατεσκάφησαν, ἄνδρες δὲ ὀκτὼ καὶ πεντήκοντα μυριάδες ἐσφάγησαν ἔν τε ταῖς καταδρομαῖς καὶ ταῖς μάχαις (τῶν τε γὰρ λιμῷ καὶ νόσῳ καὶ πυρὶ φθαρέντων τὸ πλῆθος ἀνεξερεύνητον ἦν), ὥστε πᾶσαν ὀλίγου δεῖν τὴν Ἰουδαίαν ἐρημωθῆναι, καθάπερ που καὶ πρὸ τοῦ πολέμου αὐτοῖς προεδείχθη »

« Il ruina cinquante de leurs forteresses, et 985 de leurs bourgs. Il y eut 580.000 hommes tués dans les escarmouches et dans les combats, et une si prodigieuse multitude de personnes périrent par la faim, par la maladie , ou par le feu qu’il fut impossible de la compter, et que la Judée eu demeura tout à fait déserte. »

(Δίων Κάσσιος / Dion Cassius, Histoire Romaine, Livre LXIX, ouvrage écrit entre 207 et 229, suivant la traduction française de 1686, disponible à ce lien: http://books.google.fr/books?id=LEMMAAAAYAAJ&dq=%22Histoire%20romaine%22%20dio%20cassius&as_brr=1&pg=RA4-PA517#v=onepage&q=&f=false

Le texte original en grec est consultable ici :

http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Dion/livre69.htm , à l’alinéa §14)

Des milliers de Juifs sont déportés, par bateaux, vers l’Egypte voisine :

« Les captifs étaient vendus en esclavage en nombre trop grand pour être comptés. D’abord ils furent amenés au grand marché annuel du Térébinthe à Hébron, ou selon les mots de Hyranumous, à la tente d’Abraham près d’Hébron. Chaque esclave était vendu au prix d’un cheval. Ceux parmi les captifs qui n’étaient pas vendus là furent emmenés au marché de Gaza qui, à cause de la grande multitude d’esclaves qui y étaient vendus, fut appelé le marché d’Hadrien. Et ceux qui n’étaient pas [encore] vendus furent embarqués dans des bateaux et pris en Egypte. Beaucoup moururent durant le voyage, soit de faim soit de naufrage, tandis qu’aussi nombreux furent ceux tués par des maîtres cruels. ».

(Chronicon Alexandrinum, 224e Olympiade, repris par Friedrich Münter dans Der judische Krieg: unter den Kaiser Trajan und Hadrian, disponible ici:

http://books.google.fr/books?id=cGENAAAAYAAJ&dq=friedrich%20munter&as_brr=1&client=firefox-a&pg=PA113#v=onepage&q=&f=false )

A partir de là, comme le rapporte le Talmud, la pression romaine, faite de persécutions religieuses, d’affaiblissement économique, de colonisation gréco-latine, et de poursuite des rabbanim, provoque le départ lent et continu de la population vers des cieux plus cléments ; notamment à Babylone, où, à l’exception du règne de Trajan, les légions romaines ne peuvent occuper le pays.

D’après Wikipedia en anglais, lors de la révolte juive contre Héraclius au VIIe siècle, il ne reste que 150.000 Juifs en Eretz Israel, répartis dans 43 communautés. Suite à la l’échec de la révolte, des dizaines de milliers de Juifs sont massacrés et d’autres expulsés vers l’Egypte.

Deux coups de butoir supplémentaire vont se porter sur la population juive en Eretz Israel :

  • l’invasion islamique qui impose effectivement des conversion forcées, sans toutefois que leur nombre soit connu : néanmoins, jusqu’au XIe siècle les Juifs de Babylone continuent d’affluer vers la Judée lors des trois fêtes de Pèlerinage
  • les Croisades. Après un tremblement de terre dévastateur, les chevaliers francs rendent Eretz Israel quasi Judenrein, massacrant en masse les Infidèles, avec une telle hargne qu’au XIIIe siècle Ramban ne rencontre que deux Juifs à Jérusalem

L’Exil n’est donc pas un concept vague appliqué à une minorité de paysans judéens. Les légions romaines ont laissé derrière elles 1.000.000 de morts en l’an 68, plus de 500.000 en 135, et ont déporté des centaines de milliers de Juifs, dont « peu en ont échappé » : comment donc croire Shomo Sand lorsqu’il considère que les captifs et les morts étaient l’exception ? Sand récidivera dans une tribune du Monde datée du 04/04/2009 : « Or, très étrangement, on ne trouvera pas le moindre ouvrage de recherche consacré à cet acte d’exil ! Les Romains emmenaient, certes, des rebelles en captivité mais ils n’ont pas exilé de peuple du Moyen-Orient ». Assurément, un exil physique des Judéens leur a été imposé, cet exil est documenté dans les sources gréco-latines classiques ; si Shlomo Sand n’a pas eu accès à ces sources, cela signifie :

  • Il n’a pu se déplacer dans les grandes bibliothèques occidentales pour y consulter des ouvrages rares que la bibliothèque de cinéma de Tel-Aviv ne possède pas.
  • Il ne parle ni la koinè ni le latin ; il n’y a rien de honteux à cela, mais c’est assez handicapant lorsqu’on prétend étudier et rédiger un pamphlet sur l’histoire antique du peuple juif, ou d’un autre peuple d’ailleurs.
  • Il ne sait pas se servir de Google ; çà par contre c’est un assez gros problème au XXIe siècle.

    1. Sur la forme

Visiblement, Shlomo Sand  n’est pas un Talmid Hakham : dans le judaïsme, la notion de galouth juif recouvre plusieurs réalités : l’exil physique évidemment, mais aussi  l’asservissement aux Nations dont les continuelles persécutions n’ont jamais vraiment cessé (aujourd’hui encore un obscur conseiller diplomatique d’un quelconque Etat européen s’arroge le droit de décider où un Juif a le droit de construire sa maison sur la terre d’Israël, y compris à Jérusalem !) et surtout l’exil de la Shékhina.

En restreignant sa définition de l’exil à la présence ou non de Juifs en Judée, Sand ignore le rôle fondamental que joue le Temple pour les Juifs ; sa destruction ôte tout enjeu au combat lors de la Grande Révolte, sa reconstruction est le but de Bar Kokhba.

Aujourd’hui encore le peuple juif pleure la destruction du Temple et sa gloire passée. Bien que l’Etat d’Israël soit physiquement souverain sur une partie de la Terre d’Israël, les malheurs de l’Exil n’ont pas cessé. L’un de ces malheurs est la malédiction d’Isaïe : « tes destructeurs sortiront de toi ». Shlomo Sand prouve lui-même que cette malédiction de l’Exil est toujours en vigueur.

  1. Le « prosélytisme juif »

    1. Les « sources » de Sand

Shlomo Sand met à contribution Horace, Sénèque, Juvénal et Tacite pour prouver le « prosélytisme juif ». Prenons quelques exemples :

      1. Horace, Satires, Livre I Satire IV :

« Multa Poetarum veniet manus auxilio quae

Sit mihi (nam multo plures sumus; ) ac veluti te

Judœi cogemus in hanc concedere turbam

En français:

« Vont venir contre vous me prêtant leur appui

Comme ces juifs ardens à propager leurs rites

Vous ranger malgré vous parmi leurs prosélytes »

(lien : http://books.google.fr/books?id=nfs8xnTDusAC&pg=PA51&img=1&zoom=3&hl=en&sig=ACfU3U2CP2JCMkUq_Bf_mq0SO5vEd34eRw&ci=33%2C892%2C823%2C150&edge=0)

C’est un peu moyen comme preuve…

      1. Juvénal, Satires, XIV, 96-106

QUIDAM sortiti metuentem sabbata patrem ,

Nil praeter nubes et cœli nuinen adorant ;

Nec distare putant humana carne suillam ,

Qua pater abstinuit mox et praeputia ponunt .

Romanas autem soliti contemnere leges ,

Judaicum ediscunt et servant ac metuunt jus ,

Tradidit arcano quodcumque vohnmne Moses :

Non monstrare vias eadem nisi sacra colenti ;

Quaesitum ad fontem solos deducere verpos .

Sed pater in caussa cui septima quaeque fuit lux

Ignava et partem vitae non attigit ullam.

En français :

« QUELQUES UNS nés d’un père superstitieux observateur du sabbat n’adorent que les nuages et le ciel, n’ont pas moins d’horreur pour la chair des pourceaux dont il s abstenoit, que pour la chair humaine, et ne tardent point à se faire circoncire. Elevés dans le mépris des lois romaines, ils n étudient ne pratiquent que le judaïsme. Tout ce que Moyse leur transmit dans sou livre mystérieux est un objet de crainte et de respect. Un voyageur s’il nest pas de leur secte les prieroit vainement de le remettre en son chemin ou de lui montrer une fontaine. Cela vient n’en doutez point de ce que le père de ces Iduméens coula dans l’inaction le septième jour de la semaine sans daigner prendre part aux devoirs de la vie »

Idem, c’est très peu probant

J’arrête ici pour les citations latines, inutile de continuer.

    1. Sur le fond

Il est bien connu que le judaïsme orthodoxe « moderne » met des bâtons dans les roues des candidats à la conversion, appliquant simplement les lois issues du Talmud, compilé pendant des centaines d’années jusqu’à l’Antiquité tardive. Le prétendu « prosélytisme juif durant l’Antiquité» est un lieu commun qui repose sur peu de sources, mais sur beaucoup d’extrapolations. Comment expliquer une telle contradiction ?

Un ouvrage consacré à cette question a été publié en 1992 (bien avant que Shlomo Sand ne soit en quête de célébrité) :

“Prosélytisme juif”? Histoire d’une erreur. , par Edouard Will et Claude Orrieux, éditions Les Belles Lettres, ISBN-10 2-251-38016-7, ISBN-13 978-2-251-38016-2

Voici un extrait, issu du quatrième de couverture :

« Le mythe du « prosélytisme juif », d’où serait issu le prosélytisme chrétien, s’est largement répandu de la fin de l’époque hellénistique jusqu’à Charlemagne, au point que l’on a pu croire qu’il y avait eu concurrence entre Juifs et Chrétiens pour la conversion des païens.

Erreur : l’étude exhaustive des sources bibliques menée ici démontre que le mot de « prosélytisme » n’existe pas dans les textes hébraïques anciens, pas plus que le concept qu’il recouvrira de nos jours. En fait, s’il existe des prosélytes qui rejoignent la religion juive, on ne trouve en aucun cas une volonté de convertir de la part des Juifs eux-mêmes.

C’est saint Paul qui, après sa conversion au christianisme, innovera totalement en pratiquant et organisant le « prosélytisme », même si le mot ne doit apparaître qu’au XVIIe siècle, à la fois en France et en Angleterre. Le mythe reprendra vigueur au XVIIIe siècle du fait de Montesquieu, qui l’utilise dans ses polémiques antichrétiennes. Au XIXe siècle, l’erreur se répand chez les protestants libéraux allemands, puis gagne la France, notamment grâce à Ernest Renan.

Ce livre, dont les arguments se fondent sur les sources tant historiques que littéraires, de l’Antiquité à nos jours, règle une fois pour toutes la question du « prosélytisme juif », erreur de l’histoire, mal intentionnellement utilisée à des fins de propagande. »

Le mythe du prosélytisme juif a donc des causes et des objectifs autres que la recherche scientifique de la vérité ? Néanmoins, de nombreux auteurs grecs et romains témoignent de l’influence juive sur les païens. Ce ne sont pas tous des menteurs. Par contre, il y a probablement une subtilité que les auteurs non-juifs n’ont pas saisi : il y a deux type de « conversion » dans le judaïsme

  • Le converti « complet », ou guer tzedeq, embrasse la foi juive, pratique l’intégralité de la Loi et est juif à tous les égards, à quelques exceptions près (impossibilité de devenir roi d’Israël, lois matrimoniales spécifiques par rapports aux Kohanim descendants d’Aaron)
  • Le ben Noah, ou guer toshav, prend sur lui de pratiquer les 7 lois noahides, dont le renoncement à l’idolâtrie. Il ne passe pas au miqveh et n’est pas circoncis. Vivant dans l’orbite juive, il est souvent amené à « judaïser », c’est-à-dire pratiquer de son propre chef certaines lois juives : ne pas manger de porc, ne pas travailler le samedi sans réellement observer le sabbat, etc. Dans le monde antique, vide de sens et de morale, le judaïsme, sa loi, son rituel, son espoir messianique d’un avenir meilleur et ses valeurs morales ont joué le rôle de point de ralliement pour de Gentils sans repères. Comme le reproche Sénèque : « cum interim usque eo sceleratissimae gentis consuetudo valuit, ut per omnes iam terras recepta sit; victi victoribus leges dederunt » (De Civit. Dei, VI, 11), c’est-à-dire : « Et cependant cette coutume de la nation la plus perverse à si puissamment prévalu que déjà elle est reçue par toute la terre : les vaincus aux vainqueurs ont fait la loi ». Du reste, il est souvent admis que le judaïsme n’a fait que préparer le terrain : les guer toshav seront parmi les premiers à embrasser la nouvelle foi chrétienne, cette dernière ne nécessitant plus le passage, ô combien redoutable, de la circoncision.
    1. Sur la forme

Quand bien même Shlomo Sand aurait raison, c’est-à-dire que le judaïsme moderne serait issu de conversions aux temps antiques, Sand ne parviendrait pas à prouver ce qu’il avance, à savoir que « le peuple juif fut inventé au XIXe siècle » : en effet, tout au plus pourrait-il affirmer que « la race juive fut inventée au XIXe siècle »… ce qui n’est pas la même chose ! Le concept de « race » est totalement dépassé et réprouvé par la science moderne. De plus, ni le Tanakh ni le Talmud n’ont jamais défini la judéité comme l’appartenance à une communauté biologique, mais bien l’appartenance à une « multitude d’individus formant une communauté sociale ou culturelle » (une des définitions modernes de terme « peuple »). Pour les Juifs, il s’agit d’une communauté de religion bien sûr, mais aussi de destin, de souffrance, de langue, de culture, et de lien avec la Terre d’Israël, descendant majoritairement mais non exclusivement des Patriarches.

Du reste, le déni de « pureté de la race » reproché au Juifs n’est même pas évoqué pour les Arabes d’Eretz Israel, qui seraient donc génétiquement et « racialement purs » à 100%… à croire qu’aucun Arabe d’Arabie, d’Egypte, d’Irak ou d’ailleurs n’aurait mélangé son sang avec eux !

  1. Conclusion

Ainsi donc, il apparaît que la thèse de Shlomo Sand, pour séduisante qu’elle soit, n’est pas un mensonge totale, mais une série d’interprétations biaisées d’approximations se basant sur des faits réels extrapolées, le tout dans un but éminemment idéologique et politique. Sand est un cinéaste tournant une fiction sur des bases réelles.

Les Juifs ont de tout temps eu le sentiment d’une communauté de Nation et de destin. Le peuple juif n’a pas été inventé. Par contre Shlomo Sand, lui, a réussi à « inventer l’invention » du peuple juif.

Le problème de Sand est qu’il cherche à définir le Juif en prenant pour référence des modèles qui ne peuvent convenir : le peuple ou la nation au sens européen, la religion, la tribu, la race, l’ethnos, la langue… Am Israel n’est aucun de tout ceux-là, tout en étant un petit peu de chaque. Il est impossible de définir le Juif autrement que comme « un truc bizarre », indéfinissable, à l’image de son Créateur, et qui survivra à tous ses détracteurs.

Certains internautes de l’Immonde sont boycottes par la matiere grise

Suite a un article publie dans le blog de Gilles Paris, du journal l’Immonde, j’ai publie un commentaire reprenant le contenu d’un de mes articles sur les formes modernes d’antisemitisme prenant le pretexte de l’Etat d’Israel pour recourir aux bons vieux methodes et discours antisemites.

Plusieurs internautes, se sont manifestes. Voici le commentaire que j’ai envoye pour leur repondre:

Noto, Dalo, Yehuda, Jojo,

Cessons tous cette hypocrisie!
Vous voulez utiliser l’arme du boycott et le marquage des produits pour protester contre la politique d’un gouvernement? Tres bien, mais faites donc de meme pour les produits russes, chinois, ou le petrole qui a une odeur de sang de Lockerbie!

Evidemment, vous ne le ferez pas. Pourquoi? Repondez donc svp! Pourquoi?

Apparemment, ce qui vous interesse c’est nullement le sort des populations arabes de la terre d’Israel. Ce qui vous interesse c’est de taper sur les Juifs. Le gouvernement britannique et les organisations anti-israeliennes ne sont interessees a se manifester que contre les Juifs. Le reste du monde n’existe pas. Les Tibetains, le Tchetchenes? “Ah bon, ca existe?” Les Juifs, les Juifs, les Juifs… Quelle obsession!

Enfin, quand je lis: “A Occam, peut etre que vous avez raison, il faudrai d’abord se pencher et resoudre les problemes de tout les pays du monde pour enfin pouvoir se focaliser sur le cas d’Israel, c’est tout bonnement ridicule…”
Je me dis que l’on peut facilement retourner l’argument: les dizaines, voire centaines, de conflits actuels dans le monde ne pourront etre resolus que lorsque l’on aura resolu les problemes d’Israel… Ridicule et pathetique. Des millions de morts en Afrique (Darfour, Congo…) n’ont aucune importance. Ou, du moins, ils n’en auront aucune tant qu’ils n’auront pas affaire aux Juifs.

A tout hasard, je vous informe que le peuplement juif sur toutes les parties de la terre d’Israel est totalement legal, par le simple fonde du mandat de la SDN qui a endosse la Declaration Balfour. Les Conventions de Geneve etc. n’interdisent nulle part aux Juifs d’habiter sur les terres qui leur ont ete conferees par la SDN.

Bref, faites comme les auteurs de la stupide votation suisse sur les minarets: ces derniers n’ont pas eu l’hypocrisie d’exiger l’interdiction des tours religieuses de plus de x metres, mais bien des minarets. Il faut appeler un chat un chat: le boycott que vous appelez ne doit atteindre que les Juifs, mais surtout pas les Russes, les Chinois et les dictatures arabes! Decidement, le droit est universel, mais certains sont plus egaux que d’autres… Sachez toutefois que les Juifs ont survecu au boycott des tsars et des nazis, ils survivront bien au boycott du gouvernement anglais qui est bien place pour parler de colonisation: apres tout, la reine d’Angleterre est toujours souveraine en Australie, Canada, Nouvelle-Zelande. Les Aborigenes, Inuits Maoris se demandent encore quand est-ce qu’ils ont ete consultes pour accepter la suzerainete brittanique!