Manifestations passees et actuelles d’antisemitisme

Cela fait déjà quelques temps que je pense à un gros dossier sur les manifestations modernes d’antisémitisme. La thèse que je présenterai est la suivante: l’antisémitisme contemporain qui se manifeste aujourd’hui utilise des formes déjà pratiquées dans le passé

Introduction

Le destin du peuple juif est fascinant à plus d’un titre. Un peuple numériquement très faible qui survit à des empires bien plus puissants que lui – Egypte, Babylone, Perse, Grèce, Rome, Byzance, Capétiens, Tsars…-, voilà de quoi intriguer plus d’un intellectuel. Que cette longévité se manifeste dans des conditions particulièrement difficiles (dispersion, pogroms, expulsions, persécutions, conversions forcées, extermination…) ajoute encore au “mystère” juif. L’antisémitisme entoure le peuple juif depuis des millénaires, il est pour ainsi dire comme son ombre antithétique qui le poursuit.

Pourtant, depuis la faim de la Deuxième Guerre Mondiale, l’antisémitisme a paru s’effacer alors que le peuple juif retrouvait sa vitalité. Mais depuis quelques années, l’antisémitisme explose de nouveau, prenant pour cause, ou plus précisément pour prétexte, l’Etat d’Israël et ses citoyens ou amis. S’agit-il d’un nouvel antisémitisme avec ses poncifs et manifestations propres, ou bien du “vieil” antisémitisme, autrefois religieux, national ou économique, remis au goût du jour?

Grilles de lecture

Nous allons appliquer deux grilles de lectures orthogonales:

  • les catégories de reproches faits aux Juifs:
    • certains thèmes sont directement repris du passé (le Juif et l’argent, les crimes rituels, etc.).
    • d’autres sont des inversions récentes, reprochant aux Juifs l’exact opposé de ce qui leur était reproché auparavant (les couards devenus militaristes, les apatrides excessivement attachés à la terre, etc.)
    • enfin, une troisième catégorie concerne les Nations du monde qui reprochent aux Juifs de faire ce dont ces mêmes Nations se sont rendues coupable, notamment envers le peuple juif, durant des siècles.
  • les cibles de l’antisémitisme contemporain: il concerne, de manière concentrique, les Israéliens habitants en Judée, en Samarie et dans le Golan ; plus généralement les Israéliens habitant dans le territoire israélien d’avant la Guerre des Six Jours ; enfin, les Juifs en général.

La conviction suivante se renforce de jour en jour: l’antisémitisme auquel le peuple juif est actuellement confronté n’est pas une innovation, il est le même depuis des milliers d’années, inscrit dans l’inconscient collectif des peuples du monde.

Chaque point qui sera énoncé pourrait faire l’objet de plus amples développements, permettant notamment de ramener des citations et des notices bibliographiques. Faute de place, nous nous contenterons toutefois de la simple mention des arguments. Peut-être ultérieurement trouverons-nous le temps et l’espace pour approfondir.

Aparté: “antisionistes” et antisémites

Comment différencier un “simple” antisioniste opposé à la politique d’un État, abruti par la propagande et le discours politiquement correct des médias, d’un antisémite plus classique? La réponse est controversée. Pour notre part, nous avançons les critères suivants:

  • un antisioniste acharné et obsédé par Israël est un antisémite
  • un antisioniste qui pense qu’Israël a toujours tort est un antisémite
  • un antisioniste qui nie le droit du peuple juif à l’autodétermination est un antisémite
  • un antisioniste qui critique Israël parmi d’autres États (États-Unis, Europe, Chine, Russie, Ligue Arabe, etc.) n’est pas un antisémite: celui qui manifeste tantôt pour Gaza, tantôt pour le Darfour, tantôt pour la Tchétchénie, tantôt pour le Liban, tantôt pour le Tibet n’est pas comparable avec quelqu’un qui reste sourd aux souffrances des Kurdes, Ouïghours, Tamouls mais s’égosille pour dénoncer Israël.

Bref, c’est souvent à sa mauvaise foi qu’on distingue l’antisioniste de l’antisémite: lorsque le Hezbollah est entré en territoire israélien en juillet 2006 pour assassiner et enlever trois soldats puis déclencher des salves de bombardements des localités juives de Galilée, seule la mauvaise foi pouvait pousser les antisémites à dénoncer “l’agression israélienne contre le Liban”.

Aparté: culpabilité et inconscient collectif en Occident

L’hostilité européenne contre l’État d’Israël a plusieurs sources, notamment le pétrole arabe. Il est pourtant courant d’évoquer la mauvaise conscience que l’Europe a pour son rôle joué durant le ‘Hourban des Juifs d’Europe entre 1939 et 1945, de même que la mauvaise conscience pour la colonisation des peuples précolombiens, arabe, africains et asiatiques. Taper sur l’État d’Israël permettrait, au niveau de l’inconscient collectif, de se faire pardonner par les Arabes, tout en diminuant l’horreur du crime commis par l’Europe contre le peuple juif. Tout ceci n’aurait donc que peu de rapports avec l’antisémitisme.

Cette explication est plausible et nécessaire, mais sûrement partielle et insuffisante.

En effet, certains pays comme la Suède, la Pologne, la Norvège, la Suisse, etc., ont très peu participé à la colonisation.

D’autre part, si l’inconscient conseillait de “frapper sur les Juifs pour se faire pardonner par les Arabes”, le mouvement symétriquement opposé devrait exister: “frapper fort sur les Arabes pour effacer le crime de la Shoah”. Or, dans l’opinion publique, le rapport entre le soutien et les opposants à Israël est fortement en faveur de ces derniers, alors qu’il aurait dû tendre vers un 50%-50%.

Les reproches

Reproches classiques, remis au goût du jour

Les assassinats d’enfants

Depuis la Guerre du Liban et la 1ere Intifada, dans la presse mondiale l’armée israélienne est souvent présentée comme “tuant des enfants”. Le paroxysme aura été l’affaire Al Dura, du nom d’un enfant arabe apparemment pris entre deux feux durant un échange de tirs dans la bande de Gaza. Filmée par France 2, la scène sera diffusée en boucles sur toutes les chaînes de télévision du monde. Catherine Nay, journaliste à Europe 1, ira même jusqu’à déclarer: « La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie».

De sérieux doutes ont été levés sur l’affaire Al Dura: la justice française admettra qu’on peut la qualifier de “faux reportage”, “mise en scène”, “mascarade”, “supercherie” et “imposture” voire “fausse mort” (arrêt de la Cour d’Appel de Paris du 21 mai 2008, dossier n°06/08678). Cependant, le mal est fait et les médias ne reviendront plus sur la version initiale d’un jeune enfant arabe innocent tué par des soldats juifs.

Le thème de Tsahal assassinant des enfants sera repris durant la Deuxième Guerre du Liban et la Guerre de Gaza: les bilans donnés par la presse seront ceux établis par les services du Hamas, et non ceux de l’armée, qui montraient une proportion de victimes collatérales des combats beaucoup plus faible. Quant à l’utilisation d’enfants comme boucliers humains par les organisations terroristes, elle est rarement mentionnée, si ce n’est pour la réfuter.

Les crimes rituels

En août 2009, le journal norvégien Aftonbladet rapporte une histoire de vol d’organes, organisé par des soldats de Tsahal, sur des détenus arabes. Immédiatement, le triste souvenir des crimes rituels refait surface: les Juifs pratiqueraient les assassinats d’enfants (chrétiens ou musulmans, selon les régions) pour fabriquer des pains azymes durant la Pâque.

L’assassinat de Rabin

L’assassinat d’Itzhaq Rabin par un étudiant nationaliste opposé au processus d’Oslo a donné lieu à une répétition d’un thème connu: le déicide.

De même que les Juifs avaient refusé le messie et crucifié le “Seigneur incarné en homme”, les Juifs ont refuse la paix apportée par Izthaq Rabin et l’ont assassiné. Plus précisément c’est un “extrémiste juif religieux” qui a tué Rabin rappelle la presse, au lieu de le qualifier d’ « extrémiste nationaliste ».

Le Juif perfide, menteur, se sert de Shoah (qui n’a jamais existé), pour se faire de l’argent:

La Shoah n’a jamais eu lieu, c’est bien connu, quant à savoir ou sont passées les familles juives d’Europe c’est un mystère que même les services de renseignement iraniens n’ont pu résoudre. Le Juif a ainsi pu inventer un mensonge à la hauteur de sa perfidie traditionnelle. Le but est d’arracher la création de l’État d’Israël et… d’obtenir des compensations financières: de l’argent, car “le Juif et l’argent” ça rime bien dans l’imaginaire antisémite.

Ce thème de la « Shoah business », développé entre autres par Norman Finkenstein, est repris par Mahmoud Ahmadinedjad et Dieudonné M’Bala M’Bala: si les films de cet individu abject et sans talent ne trouvent pas de financement, ce n’est pas parce qu’ils sont nuls et n’intéressent personne. Non, c’est parce que les Juifs ont déjà drainé toutes les subventions à la création cinématographique, au profit des films sur la Shoah.

Le complot juif

Le thème du “complot juif” est recyclé de manière admirable en “complot sioniste”. Après avoir opprimé les Juifs pendant des siècles, réduits au rang de dhimmis / sous-hommes, les États arabes ne parviennent à expliquer la défaite des armées arabes face à Tsahal que par une seule raison: le lobby sioniste a ourdi un complot pour manipuler les Occidentaux et arracher la victoire militaire. En effet, autrement il est inconcevable que des sous-hommes battent les glorieux guerriers des déserts suréquipés de matériel soviétique, et en Six Jours s’il vous plait!

De même, le Premier Ministre malaisien Mahathir Mohamad déclare, lors du 10e sommet de l’Organisation de la Conférence Islamique : « Mais aujourd’hui, les Juifs dirigent le monde par procuration. Ils obtiennent que les autres se battent et meurent pour eux ».

Enfin, des rumeurs sont propagées dès le lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001: il n’y a que le Mossad pour être capable d’un tel carnage, afin de dresser les États-Unis contre le monde musulman. Qu’importe si près de 900 Juifs ont péri à Manhattan.

Le Juif, intransigeant et têtu

Une négociation internationale peut bien se dérouler. Elle peut aussi être difficile, dure, serrée, tendue. Mais les négociateurs et politiciens israéliens ont toujours un défaut qui leur est propre: ils sont intransigeants.

A cela rien de bizarre: le Juif a toujours été têtu: pour preuve, cela fait 2000 ans qu’il ne reconnaît pas la venue du Messie!

Verus Israël

En 2008, Shlomo Sand, un spécialiste du cinéma (ça ne s’invente pas) a publié un pamphlet dont l’un des points était: les descendants authentiques des Hébreux sont les Arabes qui résident sur la Terre d’Israël. Les Juifs seraient quant à eux un agglomérat de descendants de tribus, khazares, grecques, berbères, syriennes, converties au cours des siècles.

Le peuple d’Israël a déjà connu ce principe qu’il n’est pas le peuple d’Israël: c’est la Théologie de la substitution ou supersessionisme. L’Église constitue le Verus Israël, le vrai Israël, alors que les Juifs ne sont que le Vetus Israël, l’ancien Israël.

C’est le Juif qui provoque les persécutions dont il est l’objet, en poussant l’Autre à bout

Les pogroms systématiques ont durement frappé les Juifs de Russie à partir de 1881. La raison? Les Juifs “provoquent” leurs voisins russes. De même, en 1938, Herschel Grynszpan assassine vom Neurath, premier secrétaire de l’ambassade allemande à Paris. Cet événement est pris pour prétexte par les nazis pour déclencher la Nuit de Cristal dans tout le Reich.

L’on retrouve régulièrement ce thème de la provocation: un Juif marche sur le Mont du Temple, et cela déclenche la 2e Intifada. Un Juif rajoute une pièce à sa maison d’Ophra, c’est de la colonisation-provocation, qui incite le Hamas à envoyer des roquettes sur Sderot.

L’empoisonnement des puits

Au Moyen-Age, les Juifs étaient accusés d’empoisonner les puits des chrétiens.

En 2004, après une vie passée à massacrer des innocents et propager la haine et la mort, Yasser Arafat se décide enfin à mourir. Qu’un vieil homme de 75 ans mourût d’une mort naturelle, voila qui choquait son entourage! Bien que les médecins militaires français n’aient trouvé trace d’aucun poison, l’OLP et ses représentants font circuler la rumeur qu’Arafat a été empoisonné par un poison non connu.

Les retournements de reproches

Les couards devenus militaristes

Les Juifs ont longtemps été décrits comme des êtres faibles, lâches et couards, subissant les pogroms et les Croisades sans tenter de se défendre. Ils contrastaient avec leurs ancêtres, glorieux combattants Josué, Gédéon, David, Juda Macchabée, Jean de Giscala et Simon bar Kokhba. La lâcheté absolue a été le Hourban des Juifs d’Europe, durant lequel six millions de Juifs ont été massacrés comme des montons à l’abattoir.

Le reproche est maintenant inversé: les Juifs sont militaristes, ne comprenant que la force, utilisant la guerre au lieu de négocier la paix. Tsahal n’est plus l’armée de l’État ; Tsahal est une armée qui dispose d’un État L’État est qualifié de “Prusse du Moyen-Orient”.

“Rentrez chez vous!”. Mais où est-ce, “chez les Juifs”

Le Juif est un étranger dans son pays de résidence. L’antisémite réclame son départ: que les Juifs rentrent chez eux!

Céline écrit: « Faut les renvoyer chez Hitler ! En Palestine ! En Pologne ! »

Le paradoxe est que lorsque le Juif rentre sur la terre de ses ancêtres, cette terre n’est pas reconnue comme la sienne. Le Juif doit aller ailleurs, hors de chaque pays, et hors de la terre d’Israël ; ne lui reste plus que l’opportunité d’apprendre à vivre sous l’eau! (et encore, il serait à craindre que les associations “écologistes” ne s’en prennent au dommage cause aux océans)

L’attachement excessif à la terre

La terre ne ment pas. Le Juif errant, apatride par essence et sans terre, ne pouvait être un citoyen loyal à son pays d’adoption, n’ayant pas de lien avec le sol.

Il se voit de nos jours reprocher un attachement excessif à la terre, une gourmandise d’occupation des sols, voire un projet ontologiquement expansionniste.

Les accusations des Nations de se comporter… comme elles

Le viol des droits de l’homme

Les droits de l’homme (sans parler de ceux de la femme) dans les pays arabes ne sont jamais violés, et pour cause: ils n’existent pas.

Pourtant, des dictatures héréditaires et des régimes autocratiques passent leur temps à condamner Israël pour la violation des droits de l’homme.

Le non-respect du droit et des résolutions des Nations Unies

La Charte des Nations Unies promeut le droit de chaque pays à vivre en paix et en sécurité. D’autre part, c’est une résolution des Nations Unies qui a permis la création de l’État d’Israël. Les États arabes ne reconnaissent pas le droit à l’existence de l’État d’Israël, et ne respectent pas la résolution qui a entraîné sa création, violant ainsi de manière flagrante le droit internationale.

Pourtant, ces États et les individus qui les soutiennent répètent inlassablement la même accusation: l’État d’Israël ne respecte pas le droit international et les résolutions des Nations Unies.

Les crimes de guerre

Comment les Américains, les Russes ou les Chinois, sans parler des Irakiens ou des Syriens, font-ils la guerre? En bombardant à l’aveugle les positions ennemies sous un flot de feu et d’acier. Qu’importe la présence ou non de civils désarmés, de femmes, d’enfants et de vieillards! Les Allemands, Japonais, Libanais, Kurdes, Tchétchènes ou les Afghans peuvent en témoigner

De la même manière, les organisations terroristes bombardent de manière aveugle les centres urbains israéliens et pratiquent un terrorisme de masse contre les civils israéliens, commettant sciemment des crimes de guerre.

En comparaison, le comportement de l’armée juive tend au ridicule: avertissement des habitants des zones visées par tracts, téléphone et SMS, bombardements ciblés et attaques au sol mettant en danger les soldats, pour éviter les dommages collatéraux.

Et pourtant, jamais Occidentaux ou Soviétiques n’ont fait les frais d’enquêtes ou résolutions pour crimes de guerre. C’est Israël, quelle que soit la situation, qui est condamné pour le même motif: “usage excessif et disproportionné de la force”.

Le droit humanitaire international, les conventions de Genève et de La Haye étaient destinées à protéger les populations civiles en zone de guerre ; elles deviennent un bouclier pour les terroristes et une épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête de chaque soldat israélien, qui n’a plus pour alternative que de partir au front accompagné de son avocat…

Les Juifs empêchent les autres de prier

Lors de l’occupation arabe transjordanienne, les synagogues de Jérusalem ont été rasées, le Mur Occidental servait de latrines et les pierres des cimetières juifs ont été utilisées pour paver les routes.

Aujourd’hui, l’accès à tous les lieux de culte est garanti aux fidèles de toutes les religions. Parfois, pour des raisons de sécurité en période de tensions politiques, les entrées sont filtrées ; les chiens de garde anti-israéliens hurlent alors que l’État d’Israël “empêche les musulmans de prier sur le troisième lieu saint de l’Islam”.

Ce thème constitue également un lointain avatar du l’accusation de profanation d’hosties: les Juifs ne respectent pas les autres religions.

Le joug de l’Exil se faire toujours sentir

Le concept de galouth ou “exil” est bien plus que la simple dispersion physique du peuple juif en dehors de la Terre d’Israël: il renvoie également à des notions, mystiques et religieuses (comme l’exil de la Shekhina (« présence divine »), mais aussi politique: en Exil depuis la chute des royaumes juifs, le peuple juif est soumis au joug des Nations.

Le harcèlement verbal

Le Juif perfide

Le Juif est un hypocrite: ce qu’il dit est au conditionnel, de toute façon il ne s’agit que de prétexte à ses agissements illicites. Il est symptomatique que les faits et versions rapportés par le gouvernement israélien sont mis au conditionnel: ce dernier à l’exclusivité du verbe “prétendre”.

Par contre, lorsqu’un officiel de l’OLP parle, les faits sont retranscrits à l’indicatif.

Le Juif pratique l’amalgame et la surenchère

Le propre des Juifs est de toujours en faire trop et de crier au loup, par exemple en sonnant l’alarme lors de la montée d’Hitler. Les Juifs voient de l’antisémitisme partout.

Par exemple, lors de l’affaire du “gang des barbares”, de nombreux commentateurs et éditorialistes viennent rappeler que l’enlèvement et l’assassinat de Ilan Halimi, choisi uniquement parce qu’il était juif, n’est pas une affaire antisémite mais un crime crapuleux. Pourtant, le fait que ce pauvre garçon a été déshumanisé, humilié, rasé, assassiné, brûlé et retrouvé nu au bout d’un bois, au bord d’un chemin de fer n’est pas un hasard: l’antisémitisme traverse les générations.

Quant à l’imminence d’une bombe atomique iranienne, elle ne semble pas affoler les foules.

Le retour du “bon” Juif

Chaque époque a ses “bons Juifs”. Autrefois, ils s’appelaient Nicolas Denin ou Pablo Cristiani, qui avaient compris la vérité.

Aujourd’hui, les “bons Juifs” s’appellent Charles Enderlin ou Shlomo Sand. Les “bons Juifs” sont abondamment cites, ils sont honores et reçus dans les réceptions mondaines. Qu’importe si l’ouvrage d’un Shlomo Sand n’obéit à aucune rigueur scientifique: il est élevé au rang d’une Évangile De même, les “nouveaux historiens”, mettant en cause les “mythes fondateurs” sont glorifies. L’affiche du “parti antisioniste” de Dieudonné M’Bala M’Bala comporte un vénérable rabbin barbu et orthodoxe (qui, d’ailleurs, n’est pas juif du tout).

De même, certains journaux comme Maariv ou Yedioth Aharonoth ont un lectorat d’un demi million de personnes, dans un pays d’à peine 6 millions d’habitants. Mais le journal le plus cite est Haaretz, aux positions d’extrême-gauche “pacifiste” et anti-religieuses affirmées Or, ce quotidien atteint à peine les 50.000 lecteurs et représente la frange la plus gauchisante de l’électorat israélien, représenté par à peine 3 députés de Meretz.

La toponymie

A l’aide de GoogleBooks en filtrant par dates, il est intéressant de noter que des expressions comme “troisième lieu saint de l’islam”, “Cisjordanie”, “esplanade des mosquées”, etc. sont d’un usage assez récent ; par contre, les termes normalement usités en français comme “Mont du Temple” ou “Judée” apparaissent dans des sources bien plus vieilles.

Difficile d’y voir autre chose que la poursuite d’un but politique, reposant sur la même stratégie que celle employée par l’empereur romain Hadrien: changer les noms de lieux, afin d’effacer l’histoire et le lien du peuple juif à sa terre. Hadrien avait rebaptise Jérusalem et la Judée en “AElia Capitolina” et “Palestine”.

Le harcèlement économique

Le boycott universitaire

Jusqu’à l’émancipation, l’accès des Juifs aux Universités était très restreint, voire impossible. Un État comme la Pologne antisémite d’entre-deux-guerres pratiquait une politique officielle de numerus clausus, destinée à limiter l’entrée des Juifs dans les Universités Cette politique était également suivie en Union Soviétique, jusqu’à la chute du Rideau de Fer.

Aujourd’hui, des pétitions circulent et des motions sont déposées pour boycotter les établissements d’enseignement supérieur en Israël

Le boycott économique

Le thème du boycott des magasins juifs évoque intuitivement le boycott des magasins juifs, mis en place en Allemagne le 1er avril 1933. Le boycott des entreprises israéliennes est réclamé dans une large campagne pas toujours pacifique, par des dizaines d’associations et groupements anti-israéliens. La campagne prend la forme, ici et la, d’obstruction physique empêchant les clients d’acheter des biens produits en Israël

Il est par ailleurs assez curieux de noter la contradiction de certains militants du boycott économique d’Israël: ils dénoncent fortement le refus israélien de laisser entrer et vendre des marchandises dans la Bande de Gaza (quant au même embargo cote égyptien, il est rarement mentionne) comme un crime, alors qu’eux-mêmes appellent au boycott économique d’un pays entier.

Les taxes imposées aux produits de Judée et de Samarie

Durant le Moyen-Age, les Juifs subissaient des taxes discriminatoires, dont des impôts par tête et des droits de péage, aussi bien en Occident qu’en terre d’Islam. Aujourd’hui, divers gouvernements européens ont mis en place, ou tentent de le faire, des taxes supplémentaires pour les produits venant de Judée, de Samarie et du Golan.

L’oppression physique

La nouvelle lie de l’Humanité

Les Juifs ont longtemps vécu en marge de la société, opprimés et méprisés en tant que rebus de la race humaine.

Depuis 1967, une nouvelle race maudite, ennemie du genre humain, responsable de tous les malheurs du monde (guerres, terrorisme, crise économique, voire disparition des dinosaures et réchauffement climatique), est apparue: le “colon judéo-sioniste” (il est rarement décrit comme un “colon israélien” d’ailleurs), intrinsèquement voleur, spoliateur, intransigeant et extrémiste

La Zone de Résidence

De 1791 à 1917, la Russie impériale a impose aux Juifs une “Zone de Résidence”: concrètement, la Russie étaient divisée entre une petite zone dans laquelle la population juive résidait, et une zone dans laquelle elle était interdite de résidence

La période contemporaine est celle de la mondialisation, de la circulation des idées, des biens et des personnes. Des Européens vivent en Chine, des Arabes travaillent en Europe, des Asiatiques étudient en Amérique, etc. Néanmoins, il reste une barrière: les Juifs sont toujours soumis à une zone de résidence: ils n’ont pas le droit d’habiter sur une partie de la terre d’Israël, la Judée et la Samarie. Autrement, ils se voient frappés du sceau de l’infamie, et qualifiés de “colons”.

Encore une fois, la situation est assez curieuse: les moteurs de l’opposition à l’installation de populations juives en Judée-Samarie sont souvent des immigrés arabo-musulmans en terre occidentale. Ces derniers trouvent naturel qu’ils puissent s’installer en France, en Angleterre ou au Canada, mais illégal qu’un Juif habite à Ophra, Modin ou Beitar. Qu’importe si la Déclaration Balfour et les résolutions de la SDN reconnaissent le droit des Juifs à un foyer national sur la Terre d’Israël: au regard la communauté internationale, toutes les colonies sont illégales

Les limites à la construction

Alors que la crise économique frappe la planète entière, que le terrorisme menace, que le réchauffement climatique hypothèque la pérennité d’Etats insulaires, des moyens considérables -diplomatiques, économiques et même satellitaires!- sont mobilisés dans un seul but: limiter la construction des “colons”, et plus généralement “toute activité de colonisation”: peindre un mur, rajouter une pièce à un pavillon… Des villages qui se développent ne doivent pas ouvrir de jardins d’enfants. Les femmes enceintes doivent-elles avorter? C’est à la limite ce que réclament les bonnes âmes, hostiles à la “colonisation” d’un peuple sur la terre de ses ancêtres.

Pour rappel: les constructions de maisons juives ont longtemps été limitées en surface et en hauteur dans les pays européens et islamiques. Quant aux synagogues, elles ne devaient pas dépasser la hauteur de l’église ou la mosquée locale. Même une synagogue “officielle” comme celle de la rue de la Victoire à Paris n’a pu avoir d’entrée principale rue de Châteaudun comme initialement prévu, car il ne fallait pas placer un monument juif entre deux grandes églises…

Faire des concessions, renoncer à la terre

La loi de la guerre est terrible, mais elle est toujours applique. Quand un État est vaincu, il doit accepter les conditions du vainqueur ; à plus forte raison quand le vaincu à cause la guerre. Qu’on songe au sort de l’Allemagne en 1918 ou 1945.

Mais ce principe ne vaut pas pour Israël. Israël a été attaque et a repousse ses ennemis: logiquement, il pourrait exiger de ses adversaires des gains territoriaux, une indemnité de guerre, etc. Or, toutes les pressions internationales vont dans le même sens: Israël doit reculer et renoncer à sa terre.

Les enlèvements

Au Moyen-Age, le recours au kidnapping et à la prise d’otages était malheureusement courant. Le cas le plus célèbre est sûrement celui du Maharam de Rottenbourg.

Le Juif est une monnaie d’échange de très grande valeur: les ravisseurs d’élan Halimi le pensaient, de même que les ravisseurs de Guilad Shalit, qui échangent une cassette vidéo de deux minutes contre vingt femmes terroristes bien vivantes et en bonne santé…

Les incendies de synagogues

L’incendie des synagogues fait partie de la panoplie du parfait antisémite (pogroms, Nuit de Cristal…). L'”antisioniste” moderne a facilement retrouvé ses instincts: Trappes, Clichy-sous-Bois et tant d’autres ont vu leurs synagogues soumises au feu ; de même, les synagogues du Goush Katif n’ont pas tenu quelques heures lorsque des hordes d’Arabes fanatisés ont brûlé les lieux de culte juifs.

Les expulsions

Au Moyen-Age, les Expulsions de Juifs rythmaient les migrations: d’Angleterre en 1290, de France en 1304 et 1394, d’Espagne en 1492, de divers États allemands… Dans le cadre de la rétrocession du Sinaï (1982) et du Désengagement de Gaza (2005), des milliers de Juifs sont expulsés de Yamit, du Goush Qatif, de Samarie.

Les partis politiques antisémites

Au XIXe siècle, des hommes politiques font campagne en faisant se qualifiant de candidats antisémites Parmi eux, un certain Adolphe Willette, peintre, illustrateur et caricaturiste.

Aux élections européennes de 2004, scrutin proportionnel et donc favorable aux partis extrémistes, une liste se présente: “Euro-Palestine”, exclusivement orientée contre Israël Son slogan contient une menace implicite: “Pas de paix en Europe sans justice en Palestine”.

En 2009, Dieudonné M’Bala M’Bala va encore plus loin: il lance un “parti antisioniste” et pose sur ses affiches avec trois autres acolytes mimant un Sieg Heil tourne vers le sol.

Les agressions physiques

En Pologne, les agressions physiques de Juifs étaient courantes.

Aujourd’hui, les enfants juifs ne peuvent plus fréquenter l’école publique: ils y sont agressés, rossés, molestés. Le début des années 2000 a vu revenir, en Europe, un sentiment qui avait tendance à s’estomper: la peur pour les Juifs de recevoir des coups pour un regard, un pas, un livre lu en hébreu dans le métro ou un simple délit de faciès.

Les assassinats par attentats

Le pogrom est obsolète, l’antisémite pratique l’attentat terroriste aveugle visant à massacrer le plus de civils. Donnant lieu à des distributions de bonbons et des concerts de klaxons dans de nombreuses villes arabes, les explosions criminelles, commises dans les centres urbains, visent sciemment à assassiner le plus grand nombre de Juifs.

Conclusion

Après avoir analysé tous les phénomènes ci-dessus, il convient d’admettre la situation telle qu’elle est: c’est bien à l’antisémitisme le plus classique qu’est confronté le peuple juif aujourd’hui. Loin d’avoir à faire à un humanisme ou une défense des droits humains, l’hostilité à Israël doit être traitée pour ce qu’elle est: de l’antisémitisme. Par conséquent, il convient de résister, d’abord mentalement, et refuser de voir en soi-même un oppresseur ou un assassin d’enfant. Dans la configuration présente, le Juif reste ce qu’il a toujours été: une victime, et non un bourreau. Quoiqu’ils s’en défendent, les “antisionistes” sont -par leurs discours, thématiques, suggestions, actes et sous-entendus- dans la continuité d’un mouvement pluri-millénaire qui de racisme religieux, économique, racial et idéologique: l’antisémitisme, qu’on l’appelle par ce nom ou un autre (antijudaïsme, judéophobie…).

Quoiqu’il en soit, l’antisémitisme et l’hostilité des Nations à l’égard des enfants d’Israël a toujours provoqué un éveil et une réaction du peuple juif. Songeons que les plus grandes périodes d’oppressions du peuple juif ont été suivies par des moments d’une extrême richesse: destruction du IIe Temple, Expulsion d’Espagne, massacres de Chmienitzky, Deuxième Guerre Mondiale, etc., ont précédé de quelques années la compilation de la Mishna, l’âge d’or de Safed, le développement de la Hassidout et le retour physique des Juifs sur la Terre d’Israël.

L’espoir est que, une fois encore, le peuple hébreu puise dans ses réserves pour déployer à la face du monde la puissance et la richesse de sa sagesse.

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